Bye Bye Turbin


Nous l’avons déjà dit : Punk not dead ! Enfin, l’esprit punk, celui qui effraie la petite bourgeoisie et le citoyen docile, celui qui extirpe de ses tripes « No future », ce futur que leur promettent les dégueulés syndicaux et leur ordre cégétiste, celui des supermarchés regorgeant de poisons de toutes les couleurs, goût nature, celui des banquiers bioéthiques, des présentateurs télé, journaflics bien sapés, des mafieux officieux, cravatés en blouse blanche, seringueurs frénétiques, celui des abbés-imams-popes-rabbins de toutes obédiences qui prêchent l’obéissance, etc. Punk not dead ! Voir Sois pauvre et tais-toi, dans la rubrique Analyses.

Contre cette société à gerber, notre classe sociale, notre humanité, s’est soulevée sans cesse. L’arme de la critique sociale, tellement décriée par ceux qui imposent la pensée unique, fût-elle post-moderniste !, a été maniée avec brio par Yves Le Manach qui commet, l’outrancier !, le précieux Bye bye turbin, en 1973, aux Editions Champ Libre. Bien sûr cet ouvrage, introuvable, est oublié depuis longtemps ! Trop de coupes du monde de football, de cheeseburgers et de séries divertissantes sont passées par là. Et pourtant, Bye bye turbin nous plonge dans le bain vivifiant du rejet de tout ce qui nous coupe l’appétit et nous empêche de vivre, remettant fondamentalement en question le « travail », comme valeur capitaliste, anti-humaine. Nous souscrivons à son analyse, sauf deux-trois virgules, comme ses illusions sur l’automation qui permettrait une société plus humaine. L’intérêt de Bye bye turbin ce sont toutes ces discussions qu’il suscite. A lire toute affaire cessante. Ainsi que, entre beaucoup d’autres, Les Manuscrits de 1844, de Karl Marx, Travailler, moi ? Jamais ! de Bob Black (en 1985), A bas le prolétariat, vive le communisme, que les Amis du Potlach ont publié, en 1979, et qu’on peut lire ici :

http://raumgegenzement.blogsport.de/2009/12/08/a-bas-le-prolatariat-vive-le-communisme-1979/

Voir Ne rêvez pas, dans la rubrique Analyses.

Dans les années ’70 l’effervescence sociale n’est pas morte. Par exemple, à Caen, des lycéens perpétuent la saine habitude de résister, de s’organiser et de se défendre contre l’ordre établi. Ils décident, en 1976, de former un groupe de musique, dite punk-rock, et prennent le nom le nom de… Bye Bye Turbin ! Plaisant, n’est-il pas ?

Voici un petit éclairage sur leur début, paru dans un article de Christophe Pécout, en 2018, sur ce site https://journals.openedition.org/criminocorpus/4721, dont nous relevons ce paragraphe :

« Le punk se construit sur l’anarchisme, la résistance, la contestation, la déconstruction des codes, des normes ou le nihilisme. Cette culture de la révolte et du refus forge les comportements comme par exemple ceux des futurs membres de Bye Bye Turbin. Lycéens à Caen, ils découvrent le mouvement libertaire et le situationnisme. Avec leur cellule d’agitation, ils organisent des manifestations et des grèves, et publient un journal clandestin. »

Vous trouverez tout ce que vous voulez savoir sur BBT dans ces deux autres documents :

https://journals.openedition.org/volume/5021

https://www.memoireneuve.fr/Records_ByeByeTurbin_FRA.php

Nous n’avons pas trouvé les paroles des morceaux, en anglais au début, puis ensuite en français, de Bye Bye Turbin sur le net et nous faisons appel aux lecteurs avisés ! BBT, groupe éphémère, de 1976 à 1981, a une inspiration éminemment sociale.

Nous avons choisi, au hasard, deux morceaux de BBT, en français, que nous vous livrons :


Quelques citations de Bye bye turbin d’Yves Le Manach :

« L’individu doit s’extraire de l’intérieur pour s’épanouir dans le milieu extérieur, supprimant du même coup la séparation entre soi et les autres. La vie est partout, pourquoi aller la chercher ailleurs ? (…) L’important c’est de participer à la vie. Arrêtons de constater nos impuissances. (…) Involontairement, la société autoritaire a créé pour son malheur les conditions pratiques et le cadre de sa remise en question. (…) L’homme, objet de sa solitude, se réconforte dans la solitude des objets. En personnalisant la consommation, la société marchande perpétue la séparation. (…) Que deviennent les syndicats et les partis « ouvriers » sans travailleurs ? Qu’on augmente les salaires, qu’on améliore les conditions de travail, oui, mais surtout que l’on ne remette pas en question le travail. »

 


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