14-18 : A bas toutes les guerres !


La grève des mères, de Montéhus, fut, dès sa sortie en octobre 1905, interdite par l’Etat et son auteur condamné pour « incitation à l’avortement ». En pleine politique de peuplement à outrance, la propagande antinataliste était durement réprimée.

Reprenons le dynamique refrain : « A bas la guerre et les tyrans ! »

Toutes les guerres sont toujours contre nous, l’humanité. Même celle à Rojava, tant appréciée des féministes et autres gauchistes.

Le danger pour toutes les bourgeoisies c’est le refus de « leur propre » prolétariat de monter au front.

Ainsi, en 1907, avec Gloire au 17ème !, le même Montéhus loue la fraternisation entre grévistes et soldats venus les réprimer.

Les valeureux mutins du 17ème seront envoyés dans des bataillons disciplinaires, en Afrique, et puis, pendant toute la guerre 14-18, très souvent en première ligne, désignés d’office pour les assauts meurtriers.

Biribi, écrite en 1889 par Aristide Bruant, parle de ces bagnes français.

Une critique acerbe de la pourriture patriotique, La Marseillaise des requins, est écrite par Gaston Couté, en 1911. Voir rubrique Analyses.

Tordons le cou à (la légende de) Jean Jaurès qui n’était pas du tout pacifiste, mais un va-t-en guerre de la première heure, un défensiste.

Nombre de militants d’extrême-gauche, antimilitaristes jusqu’en 14, retourneront leur veste et souffleront dans la trompette guerrière, comme Gustave Hervé, par exemple. Un politicien, ça sert à tromper le peuple, sinon, ça ne sert à rien.

Tout cet opportunisme, cette démagogie ne seront pas de trop pour endiguer le puissant mouvement antimilitariste, entamé dès la fin du 19ème siècle, en France, et qui fera rage jusqu’en 1914. Manifestes, tracts, affiches, brochures, manifestations… tout est bon pour la propagande antimilitariste.

Témoin cet extrait d’un tract anarchiste, distribué en 1890, dans le sud de la France :

« Les possesseurs et les gouvernants ont besoin non seulement de chair à machine qui leur permette d’emplir leurs coffres, mais encore de chair à canon pour défendre leur propriété si bien acquise… »

La Ligue des antipatriotes distribue un autre tract, en 1892, dont voici un extrait :

« Cessez d’être les victimes de la patrie, ou plutôt des coquins qui l’ont inventée et de ceux qui s’en servent aujourd’hui. Ce n’est pas à des guerres entre nations qu’il faut songer, c’est à la guerre sociale, cette guerre des exploités contre les exploiteurs, de ceux qui produisent tout et n’ont rien… »

Si tu veux la paix, prépare la guerre sociale !

Au début du 20ème siècle, Albert Libertad n’arrête pas dans son journal, L’Anarchie, de fustiger cette course aux armements, à la mobilisation.

En 1902, une chanson anonyme développe le même thème, Les Conscrits insoumis. La guerre, toutes les bourgeoisies européennes s’y préparent. En France, en 1913, le service militaire passe de deux à trois ans… ce qui va relancer la résistance de la classe ouvrière. Le 31 décembre 1911, le nombre de déserteurs et d’insoumis avait atteint le chiffre de 76.723, soit l’effectif total de deux corps d’armée de l’époque !

Du puissant courant pacifiste un tract anti-guerre prévient : « Les arrestations, les poursuites et les perquisitions, cela est fatal, ne feront qu’aviver notre horreur des carnages internationaux et notre haine du militarisme. »

En avril 1913, la Fédération Communiste Anarchiste édite une brochure clandestine, appelée la « Brochure Rouge » ou « En cas de guerre ». Sa couverture rouge ne porte aucun titre. Pour éviter une trop grande répression, elle sera anonyme. Son tirage est limité à 2000 exemplaires. Sa diffusion ira jusqu’en mars 1914, avant que la répression n’en vienne à bout. En voici deux extraits :

1- « AUX TRAVAILLEURS: (…) Plus de guerre de races! Fais la guerre de classe! Réponds à l’ordre de mobilisation par la grève générale expropriatrice. AUX SOLDATS: (…) Petit soldat, tu es au peuple. Reste avec le peuple et tue tes chefs. »

2- « (…) Dès l’ordre de mobilisation; ne pars pas, n’attends pas d’ordre: agis! (…) Surtout aucune hésitation; dès la mobilisation, la Révolution doit devenir un fait d’un bout à l’autre du pays. »

Fin 1913, plusieurs mutineries secouent les casernes de Toul, Verdun, Rodez, Nancy… Il était grand temps pour l’ordre établi de casser ce mouvement subversif en déclarant la guerre, le plus vite possible. C’est chose faite le 4 août 1914.

Aussitôt c’est un déferlement odieux de patriotisme. On abreuve les mâles de saloperies comme Le chant du départ, anonyme datant de 1794 : « Un Français doit vivre pour elle/Pour elle un Français doit mourir ! » Tout un programme !

Vite, lavons-nous l’esprit et le cœur avec une belle chanson contre les guerres et ceux qui en profitent, A tous les enfants, que Boris Vian écrira en 1954.

A partir d’août 1914, l’exploitation des ouvriers, mais surtout des ouvrières et des enfants, augmentent de façon brutale : la journée de travail passe de 10 à 12h avec seulement deux jours de congé par mois.

L’Etat essaiera de vendre aux prolétaires femmes le mythe de l’émancipation.

Comme si les femmes ne travaillaient pas avant 1914 ; comme si le travail émancipait qui que ce soit ; comme si ce qu’on attendait d’elles n’était pas de travailler comme des esclaves, docilement !

La propagande parlera de promotion sociale, leur permettant de se « libérer de l’ignoble tutelle financière du mari« … alors que c’est la misère seule qui les pousse par centaines de milliers à s’enfermer dans les bagnes industriels, dans le bruit, la saleté et la fatigue.

Les profits que les industriels vont faire pendant la guerre sont faramineux… cependant que les grèves sont interdites. C’est le socialiste Albert Thomas, ministre de l’armement, qui imposera et justifiera des conditions de travail épouvantables. Les ouvriers sont considérés comme des militaires et arrêter le travail constitue un crime contre la patrie.

Le début de la guerre a été véritablement infernal pour l’armée française. Un exemple ? Le 22 août, 27.000 soldats français sont tués. La bataille de la Marne, en septembre, à elle seule fait, en 15 jours, un demi-million de victimes. Les soldats sont enragés et un puissant mouvement de mutineries se fait jour. Ce ne sera pas le dernier. La répression est affreuse et en octobre 1914, il y aura près de 700 hommes « fusillés pour l’exemple ». Plus personne n’en parle, ce sont des oubliés de l’histoire.

1915 voit le front se stabiliser. S’installe une guerre de tranchées, de position.

Il y a une curieuse chanson qui raconte l’histoire d’une butte stratégiquement vitale, à Vauquois (près de Verdun), que les armées française et allemande vont se disputer âprement. Ce sera une guerre souterraine avec 17 kms de galeries creusées pour poser des mines et faire sauter l’ennemi par en-dessous : 519 explosions terrifiantes… pendant quatre ans. Une chanson rappelle cet épisode, Au ravin des enfants perdus, écrite par Dominique Grange, en 2013.

En 1915, en Grande-Bretagne, des grèves importantes ont lieu, en particulier dans la vallée de la Clyde, en Ecosse, contre les salaires de misère et les conditions de travail démentes. Un tract se finit ainsi : « … nous ne sommes pas germanophiles mais nous sommes la classe ouvrière ! »

En Angleterre, la conscription obligatoire est déclarée en janvier 1916. Aussitôt un vaste mouvement de protestation et de désertion a lieu. La répression fera 300.000 emprisonnés, dont 350 fusillés.

La première journée de la bataille de la Somme, le 1er juillet 1916, fut, pour l’armée britannique, une véritable catastrophe, avec 58.000 soldats mis hors de combat dont 20.000 morts.

En 1991, le célébrissime groupe de hard rock, Motörhead, écrit, en mémoire de cette hécatombe, une touchante ballade, 1916.

De février à décembre 1916, c’est la bataille de Verdun, avec la bataille de la Somme incrustée dedans, de juillet à novembre… et là, les poilus commencent à en avoir franchement marre des tueries sans fin. Les soldats grognent, désobéissent, refusent de monter au feu, se mutinent. De nouveau. Et de nouveau l’Etat-major réprime.

Ce sont les soldats fraîchement arrivés qui forment le peloton d’exécution. Les officiers disent « pour l’exemple », il faut comprendre pour « terroriser ».

Autre joyeuseté de la guerre : on a décimé des soldats qui ne comprenaient pas le français (arabes, noirs, corses, russes, etc.)… alors que, très souvent, ce sont les troupes africaines qui sont mises en première ligne.

Entre 1914 et 1918, on ne sait pas exactement le nombre de fusillés français, ils seront plusieurs milliers… en plus des milliers de soldats exécutés sommairement par leurs officiers… en plus des dizaines de milliers d’emprisonnés, envoyés en camps de concentration, etc. Les chiffres donnés officiellement des fusillés est approximatif, et il faut les comprendre très certainement à la hausse.

Le 7 décembre 1916, Le Libertaire distribue un tract virulent, Imposons la Paix !, qui dénonce les profiteurs de guerre et leurs amis de gauche :

« Et en plus des partis bourgeois, flétrissons de notre réprobation les socialistes et syndicalistes qui trahissent leur classe, l’asservissent et l’assassinent en prêtant main forte à nos maîtres exécrés. »

Il y a un film assez connu qui parle de cet épisode tragique, c’est celui de Stanley Kubrick en 1957, Les sentiers de la gloire, interdit pendant vingt ans par l’Etat français. Le cinéma a produit deux autres films remarquables sur la guerre 14-18, d’abord, du côté allemand, A l’ouest, rien de nouveau, en 1930, d’après le roman d’Erich Maria Remarque, et ensuite, le saisissant Johnny s’en va-t-en guerre, de Dalton Trumbo, en 1971. La fin cruelle illustre que pour la médecine nous ne sommes que chair à scalpel! On peut aussi voir Un long dimanche de fiançailles, Le pantalon, Pour l’exemple, Les hommes contre, Capitaine Conan, etc.

Mais il y a des chansons aussi. L’une d’elles parle de ces événements d’il y a un siècle, c’est 1916, fusillés pour l’exemple, écrite par Jerry Pineau, chantée par Jilber Fourny.

Pour les Italiens, en guerre aux côtés des Alliés à partir de mai 1915, l’horreur atteint des sommets en 1916, avec les diverses batailles autour de Gorizia.

Ces carnages ont fait environ 50.000 morts du côté italien et 40.000 du côté austro-hongrois. Les survivants crient leur colère, leur désespoir, leur rage… qui se retrouvent dans une chanson, anonyme, écrite en 1917, Gorizia.

Environ 600.000 Italiens ont péri en 14-18. Les mutineries en Italie ont bien sûr été réprimées et environ 750 hommes fusillés.

L’Etat-major utilisera la carotte et le bâton pour casser ce mouvement : parallèlement aux fusillades, il y aura pour calmer les ardeurs : des médailles, distribuées par milliers, du mauvais vin, et… des chansons !

Nous avons développé cet aspect avec la chanson Vive le pinard !, dans la rubrique Pamphlets.

Autre facette de l’abrutissement du soldat, c’est son avilissement. La célèbre chanson La Madelon raconte les exploits d’une prostituée. L’Etat français organise la prostitution à très grande échelle… sans parler de la misère qui pousse à une augmentation de la prostitution « sauvage », clandestine.

On pourrait multiplier les chants nauséabonds à l’infini… Concentrons-nous sur le peu de chansons qui se placent du point de vue du refus de l’abrutissement, du patriotisme, de la soumission. Il y en a une, originale, que Renaud a écrite en 1994, La Médaille.

Mais les conditions inhumaines du soldat au front vont en s’empirant. La nuit, les gars dorment à tour de rôle pour protéger les copains des rats, agressifs et affamés. Les soldats sont rongés par les poux. La bouffe est immonde, les tranchées inondées régulièrement, ce qui fait que 11.000 soldats français périront noyés. La terreur du lance-flamme, des mitrailleuses. Le bruit assourdissant et terrorisant des bombardements qui a rendu fou des centaines de  milliers de soldats… dont on dénie la folie et que les médecins torturent à l’électricité ou maintiennent attachés… Le froid glacial de quatre hivers et demi… L’odeur omniprésente et entêtante des cadavres… celle des excréments des soldats… Et puis, cerise sur le gâteau, à partir de 1915, l’utilisation traumatisante des gaz de combat, dont le célèbre « gaz moutarde ». Enfin, les assauts répétés, effrayants, qu’il faut accomplir sans réfléchir, mais avec vigueur si on ne veut pas que notre propre artillerie nous bombarde, ce qui arrive régulièrement.

Mais, de 1917 à 1921, le souffle de la révolution balaie la Russie. Partout des insurrections, des révoltes, des organisations, des armées révolutionnaires, des millions de prolétaires qui disent non au tsarisme, puis non aux nouveaux maîtres bolcheviks, non au capitalisme repeint en rouge, et son cortège de souffrances, d’exploitation, de terreur.

De l’épopée de la lutte révolutionnaire en Ukraine, à la tête de laquelle se trouvait Nestor Makhno, sortira La Makhnovchina, à l’histoire tumultueuse. Nous devons une réécriture, en 1968, de cette chanson célèbre au parolier Etienne Roda-Gil (oui, celui d’Alexandrie-Alexandra !). A l’origine, sur le même air d’un hymne guerrier russe de 1828, Le chant des Partisans de l’Amour, il y a un chant à la gloire des Bolcheviks et un autre à celle des Blancs, tous deux écrits en 1919. La version anar se retrouve sur un album sorti en France, en 1974, intitulé Pour en finir avec le travail.

Vous saurez presque tout à propos des diverses versions de cette chanson sur ce site :

http://eventail-musical-en-rose-et-noir.fr/49-2/#:~:text=La%20Makhnovchtchina%20est%20une%20chanson,plus%20ou%20moins%20de%20variations

C’est donc bien la guerre elle-même qui produit la révolution. Ce sont les conditions inhumaines de survie qui vont pousser les prolétaires à la révolte.

A Paris la misère est tenace. Chaque mois de cet hiver 1916-1917 si rigoureux, 5000 personnes meurent de froid ! De nouveau des grèves éclatent dans les usines. En avril, le général Nivelle lance sa célèbre offensive au Chemin des Dames.

Cette bataille est abominable. Les soldats doivent avancer tout juste 100 mètres derrière la ligne de pilonnage de l’artillerie française pour que l’artillerie allemande ne puisse pas réagir à temps. La météo est affreuse, il pleut, et puis il neige, il fait très froid… à cause du brouillard, on n’y voit pas à dix pas. L’intendance ne suit pas. Les soldats, avec le barda de 30 kg sur le dos, glissent, tombent, épuisés, effrayés par cette ambiance démentielle, à quelques mètres du tapis de bombes censé leur ouvrir la voie. Les mitrailleuses allemandes fauchent sans remords, mécaniquement. C’est le carnage. On parle de 200.000 morts et 100.000 blessés pour un mois d’une offensive qui devait durer trois jours !

C’est la bataille de trop, la coupe est pleine. Les soldats se mutinent dans 70 des 110 divisions françaises, désobéissent aux ordres, refusent de continuer les assauts sanglants. Il y a des tentatives pour rejoindre les ouvriers en grève à Paris, tout proche.

Une chanson est sortie de l’horreur du Chemin des Dames, de la rage des soldats envoyés à la mort comme des pions sur un échiquier, c’est La chanson de Craonne.

Cette chanson anonyme, écrite pendant la tragédie elle-même, a été immédiatement interdite par l’Etat français, et un million de franc-or (environ 10 millions d’euros actuels !), plus la démobilisation immédiate, furent promis à qui dénoncerait son auteur. Elle est restée anonyme ! Rendez-vous compte : pour les poilus, l’ennemi c’était devenu le Haut-commandement français… « plutôt crever que de dénoncer nos camarades ! »… solidaires contre l’Etat-major !

Cette chanson fut interdite jusqu’en 1974… pendant 60 ans ! Aujourd’hui encore, pour le 14 juillet 2016, à Paris, le secrétaire d’État aux anciens combattants Todeschini a censuré La chanson de Craonne.

Alors, la répression se met en route aussitôt, arrestation, cour martiale, etc. Le chiffre total des condamnés à mort tourne autour de 3.500, mais tous ne seront pas exécutés et beaucoup seront envoyés au bagne.

Une chanson parle de cette répression des mutineries du printemps 17, Mutins de 1917, que Jacques Debronckart a écrite en 1967. Voir rubrique Analyses.

En 1917, à l’arrière, deux vagues de grève se produisent, l’une en janvier et l’autre en mai-juin, pendant les mutineries au front. Ces grèves dans les usines d’armement sont surtout le fait des ouvrières qui seront 100.000 grévistes. On n’en parle jamais. Ce sont encore une fois les oubliées de l’histoire. Nul doute que la révolution de Février en Russie à redonné de l’espoir aux ouvriers en France.

Il existe une chanson, anonyme elle aussi, chantée dès juillet 1917 dans les Bourses du travail, que nous avons intitulée On les aura. Les paroles suivent cette présentation.

Il y a une autre chanson anonyme, sortie des tranchées de 1917, et qui fait partie du répertoire pacifiste, Non, non, plus de combats !

En 1918, l’armée allemande est à bout et la misère du peuple aussi affreuse qu’en France, en Angleterre ou en Russie. Fin octobre 1918, une gigantesque mutinerie éclate dans la marine allemande… c’est le début de la révolution en Allemagne.

Le nombre des victimes de cette boucherie de 14-18 est approximativement accepté par tous : 10 millions de soldats et 8 millions de civils morts, 21 millions de blessés, 8 millions d’invalides définitifs.

Tout cela sans compter la conséquence directe de la guerre, les ravages de la grippe dite espagnole, qui frappa en Europe puis dans le monde entier en 18-19, et qui fit entre 50 et 80 millions de morts.

Sortie du chaos de 14-18 et pressentant déjà la suivante, Giroflé-Girofla, est une des plus poignantes chansons contre la guerre qu’on connaisse, que la poétesse allemande Rosa Holt a écrite en 1935.

Beaucoup de chansons parlent de la guerre, mais assez peu de 14-18 en particulier.

L’étrange chanson Louise, de Gérard Berliner, en 1982, parle d’une servante qui s’avorte elle-même, car son amant est mort aux tranchées…

Parmi d’autres, retenons celle de Phil Ochs, I ain’t marching anymore, en 1965, qui parle de « La Der des Ders » : « Et je ne marche plus/Car j’ai marché vers les batailles de la tranchée allemande/Dans une guerre qui devait mettre fin à toutes les guerres/Oh, je dois avoir tué un million d’hommes. »


Paroles

On les aura !

Dans toutes les villes, dans toutes les campagnes
Vous entendez crier des mots partout
Oui, il nous faut anéantir l’Allemagne
On les aura, faut aller jusqu’au bout
Oui, mais ceux-là ne sont pas à la guerre
Ils sont chez eux à l’abri du canon
Ils sont bien loin, loin des balles meurtrières
Y a pas d’erreur, ils ne vont pas sur le front

On les aura, vous pouvez être tranquille
Dans les bistrots et dans les cinémas
Au coin du feu en tapant la manille
Le civil tient bon on les aura

On les aura  la victoire est certaine
Car nos poilus ne se battent pas pour la peau
On reprendra l’Alsace et la Lorraine
Albert Thomas l’a crié assez haut
Plus de socialistes, plus de révolutionnaires
Plus d’anarchos, patriotes avant tout
Des munitions pour continuer la guerre
Pour la Patrie faut aller jusqu’au bout

On les aura cela vous pouvez le croire
Car c’est Hervé et Briand qui l’ont dit
Cela est sûr on aura la victoire
Car leurs amis sont à l’abri

On les aura c’est devenu populaire
Pour les civils et pour les embusqués
C’est pour cela qu’on leur donne la croix de guerre
Car les poilus ne veulent plus la porter
Mais pourtant c’est la classe ouvrière
Qui se fait tuer oui sans savoir pourquoi
Pour un drapeau, une loque, quelle chimère
Les patriotes allez-y c’est votre droit

Mais nous les gars crions à bas la guerre
Sachez le bien c’est le cri le plus beau
Plus de canons ni fusils ni frontières
A bas la guerre et ses bourreaux

Ecoutez tous, vous les jusqu’auboutistes
Pour les avoir je vous montre le chemin
Prendre un fusil c’est logique c’est simple
Et vous irez sûrement jusqu’à Berlin
Près du canon près des balles meurtrières
C’est votre place, il faut vous dépêcher
Car les poilus eux ne veulent plus la guerre
C’est votre devoir d’aller les remplacer

Dans les tranchées cela est bien facile
Par les poilus vous serez approuvés
Engagez-vous ce n’est pas difficile
Alors peut-être, peut-être vous les aurez.

 


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