Les soldats



Ce site regorge de chansons contre les guerres… entre autres, 14-18 : A bas toutes les guerres, dans la rubrique Divers, et Mutins de 1917, Chrétiens en guerre, Masters of war, Les archers du roi, Du pain aux oiseaux, etc., etc., dans la rubrique Analyses.
Nous venons d’en découvrir une autre, passée aux travers des mailles de l’oubli : Les soldats, aux vigoureux accents antimilitaristes.
C’est le chanteur Castelhemis qui l’a créée, en 1977, sur l’album Armes inégales.
https://www.youtube.com/watch?v=iYjvwT1XFCI
Nous apprécions l’analyse de Castelhemis qui fait un lien entre toutes les nuisances des guerres au fil des siècles.
Comme disait Carl von Clausewitz, dans De la guerre (1827) : « La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens ! »
George Orwell, dans 1984 (1948), développe le célèbre aphorisme « La guerre c »est la paix », en précisant que le but de l’état de guerre permanent permet d’imposer la paix… sociale ! L’ordre établi !
D’où la réponse de notre classe sociale, c’est-à-dire notre humanité : « Si tu veux la paix, prépare la guerre sociale ! »
Donc, pas de capitalisme sans guerre ! Seuls les soldats se mutinant, retournant leurs fusils contre leurs officiers, pourra changer cet état de chose. Notre histoire de luttes a connu de tels moments qualitatifs. Difficile de se l’imaginer à notre époque de contre-révolution. Se souvenir de nos insurrections, de nos révolutions, de notre défaitisme révolutionnaire, via des traces chantées, est important. C’est ce que nous avons tenté de présenter avec Indochine-Vietnam : Bring the war home, dans la rubrique Divers.


Les soldats

Dans les ruines fumantes
Les femmes se lamentent
Sur le cadavre des garçons
Le seigneur de nos terres
Vainqueur revient de guerre
Il a redoré son blason

Mais pour nous, pauvres laboureurs
Le blé nous était prometteur
Avant qu’il ne sème famine
Sut tous les champs qu’il nous piétine
Et si quelques fois on murmure
La fourche ne casse pas l’armure
C’est pas encore qu’on mangera
Tant qu’il y aura des soldats

Le sang couvre la route
Les armées en déroutes
Nous reviennent de Russie
Viens ma femme cherchons
Cette chaire-à-canon
Cache peut-être notre enfant

C’était un bien joli garçon
Avant qu’ils l’aient pris, engagé
Et qu’il nous revienne amputé
Dis merci à Napoléon
C’était un bien joli tambour
L’unique objet de notre amour
C’est pas au bal qu’on les verra
Les enfants aux jambes de bois
Tant qu’il y aura des soldats

Et le bleu horizon
Comme au soleil couchant
Rappelle un peu le rouge sang
Encore une tranchée
Qui vient de dégueuler
Ces tant de corps déchiquetés

Eclat d’obus dans la poitrine
Les gaz ont rongé tes poumons
Plus de trois millions d’orphelines
Merci au marchand de canon
Y’aura toujours un monument
Pour te rappeler le bilan
C’est pas encore qu’on oubliera
Tant qu’il y aura des soldats
Tant qu’il y aura des soldats

Puis vint le Grand Guignol
Au plateau Cévenol
Avec ses comédiens guerriers
On les verra garder
Les tanks et les fusées
Nouvelle race de bergers

C’était un bien joli pays
Celui qui a donné la vie
A tous ces milliers de brebis
Qu’il remplace par des moutons

Tant qu’on verra sur des plateaux
Qu’ils soient des Andes ou des Cévennes
Des soldats attendant l’aubaine
Attisant avec soin la haine
On n’oubliera pas que la guerre
Ne sera jamais la dernière
Tant qu’on verra ici ou là
Défiler l’ombre d’un soldat

 


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Les soldats

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