La fille du Bédouin


Cette chanson, créée en 1927 par Moretti et Barde, connaît hélas un terrible succès dans l’entre-deux guerres, grâce au populaire Georges Milton.

Elle raconte en fait le viol d’une jeune fille, dans le Sahara, qui suit une caravane et se prostitue pour pouvoir survivre.

Et la chanson en rigole, en rigole… flattant les bas instincts d’une société avilie.

Le mot est trop faible mais définit bien la stratégie de nos maîtres : nous avilir.

Le capitalisme est intrinsèquement sexiste et raciste. Mais il doit habiller cette réalité brutale, la naturaliser. Les esclaves doivent se dire, c’est comme ça, on n’y peut rien, d’ailleurs de tout temps…

Le rôle de ce genre de saloperies chantées va dans ce sens. Ce n’est pas pour rien que l’Etat les promotionne et censure nos chants de lutte !

Au début du 20ème siècle, il fallait présenter à la populace l’aventure coloniale comme normale, évidente. Il fallait salir l’autochtone, le rendre inférieur, voire en rire. Et ce, aux quatre coins de l’empire français.

En témoigne cette autre immonderie, La petite Tonkinoise, chanson de 1906, que Joséphine Baker a rendue célèbre.

Que ce soit en Indochine ou en Algérie, les populations ont été exploitées, humiliées, bafouées, violées, etc. Et quand elles se sont révoltées, l’armée française n’a pas hésité à les torturer massivement, à les terroriser, à les massacrer.

Notre dégoût est immense de ces immondes chansons… mais ne sommes-nous pas tous empreints de ce genre de bêtises, à longueur de télé, radio, internet ? Il y a une réelle entreprise d’abrutissement de la population.

Ce que la société appelle « culture » n’est en fait qu’un systématique lavage de cerveau pour nous faire accepter son monde.

Vite, allons écouter une chanson révolutionnaire, lavons-nous l’esprit !


Paroles

Y avait à Sidihowa bien avant la guerre
Un Bédoin qu’était l’papa d’une jolie moukère
Mais une caravane campa qui venait du Caire
Sans manière, par derrière, la p’tite décampa

La fille du Bédouin suivait nuit et jour cette caravane
Elle mourait d’amour pour un jeune bédouin de la caravane
Et le petit ânier, dans les bananiers, chipait des bananes
Que la fille du Bédouin rangeait avec soin dans son petit couffin

Mais voilà qu’elle endura quand elle fut en route
Elle dut en sortant de Biskra pour gagner sa croûte
Céder son petit, ses draps, et sa petite moumoute
Coûte que coûte, y a pas d’doute, à ces scélérats

La fille du Bédouin suivait nuit et jour cette caravane
Elle connut tour à tour tous les autres Bédouins de la caravane
Et tous les chameliers et tous les âniers en firent leur Sultane
La fille du Bédouin avait trouvé l’joint pour garnir son couffin

Elle a suivi soixante ans et par toute l’Afrique
Du Maroc jusqu’au Soudan comme une pauvre bourrique
Et elle usa toutes ses dents à bouffer des briques
Sans réplique, à coups de triques, on la pousse tout le temps

La fille du Bédouin suivait nuit et jour cette caravane
Elle connut tour à tour les trois mille bédouins de la caravane
Douze cent chameliers, dix-huit cent âniers portèrent des bananes
Et sans trouver la fin, la fin du couffin, de la fille du Bédouin

La fille du Bédouin avait trouvé l’joint pour garnir son couffin

 


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La fille du Bédouin

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