L’America


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Nous avons sur ce site beaucoup parlé de l’immigration, témoins, entre autres, Aller sans retour et Ya rayah, dans la rubrique Analyses. Pour le capitalisme, dont l’unique but est le profit, nous sommes quantités négligeables, transportables et malaxables à souhait.
Faut-il rappeler que l’immense majortité des migrants sont poussés par la faim, les guerres ou la répression ?
C’est toujours une douleur de quitter les siens, sa région natale, sa communauté.
Nous sont parvenus quelques chants qui dénoncent ces déchirements, dont L’America, anonyme sicilien du début du XXème siècle, dont on écoute une version, sur ce site mainte fois cité, antiwarsongs :

https://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=fr&id=42338

Rappelons que les émigrés italiens arrivés en Amérique du sud, vers cette époque, étaient de suite dirigés vers les champs et les usines et parqués, encadrés et exploités à fond… qui a dit El dorado ?

Rappelons que durant cette période de luttes intenses, dans la région, les camarades de la FORA argentine (Federacion Obrera Regional Argentina) demandaient à leurs camarades européens de ne pas venir casser leurs grèves, les encourageant à lutter sur place et à ne pas croire les promesses des vendeurs d’illusions, véritables négriers mafieux.

Nous vous proposons une autre version intéressante, par le groupe A Sgrasciu :

https://www.youtube.com/watch?v=R1KGAjKB_X4&list=PLF854801F9A27CBC5&index=8

On est loin du succès mondial des années ‘50, Tu vuo’ fa’ l’americano :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tu_vu%C3%B2_f%C3%A0_l%27americano
Les migrants d’origine italienne allaient aussi beaucoup en Amérique du nord, où on les retrouvait, par exemple, à Bensonhurst, le quartier pauvre de Brooklyn, NY, resté célèbre sous l’appellation de Little Italy. Ils y côtoyaient d’autres migrants, juifs, latinos, asiatiques, etc.
De ce quartier nous est parvenue une chanson qui parle d’un migrant, d’origine française, qui tente de se défaire de la nostalgie de son passé de pauvre, à Bensonhurst.
Bensonhurst blues est écrite en 1972 par Artie Kaplan et Arthur Kornfeld, sur album, au titre aujourd’hui non vendeur, Confessions of a Male Chauvinist Pig (Confessions d’un cochon chauvin mâle !) :

Mais c’est Oscar Benton qui va la populariser, (ici en 1982) :


Paroles

Bensonhurst blues

Merveille de Bay Parkway
Tu es un tel succès
Ta jolie secrétaire, ha
Elle dit que tu es le meilleur

Ton visage toujours souriant
Dit que tu as bien sûr payé tes dettes
Mais je sais qu’au fond
Tu as le blues de Bensonhurst

Ces clopes customisées

Que tu m’offres en faisant semblant

Et prétendant te soucier de ma famille

Et ces photos sur ton bureau
Tous ces mensonges dont tu abuses
Savent-ils que tu souffres
Du blues de Bensonhurst

L’accent de ta grand-mère
T’embarrasse toujours
Tu as même honte
Du français que tu connaissais autrefois

La chance a tourné maintenant
Tu fais la Une des actualités
Mais je sais qu’au fond
Tu as le blues de Bensonhurst

Mais merci pour la leçon
Parce que la vie que j’ai choisie
Ne me donnera pas le sentiment de vivre
Avec le blues de Bensonhurst

Et n’essaie surtout pas de m’écrire
Et ne t’embête pas à m’appeler
Parce que je serai en conférence…
Joyeux Noël à tous.


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