Bruceremo le chiese


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Le prolétariat italien nous a donnés de superbes chants révolutionnaires et en particulier bouffeurs de curés. Dame, c’est qu’il a vécu longtemps sous la féroce férule de la curetaille ! On peut parler d’une véritable tradition anticléricale italienne.
Cette nouvelle page à l’honneur de la liberté est à mettre en lien avec Beau comme une église qui brûle, dans la rubrique Divers, ainsi que Malarazza, dans la rubrique Analyses.
Nous présentons trois chansons.
– De la première, Petrolio, nous n’avons pas d’enregistrement public. Elle est chantée sur un air nationaliste de merde Inno a Oberdan (Hymne à Oberdan), glorifiant l’unification italienne, au cours du 19ème siècle, et que nous avons déjà critiqué avec Hymne de Garibaldi, dans la rubrique Analyses. Elle est anonyme bien sûr.

Petrolio
Petrolio bruceremo le chiese,
A morte lo stato borghese.
Petrolio bruceremo le chiese,
E noi vogliamo la libertà.

A morte il papa, viva Bakunin !
A morte il papa, viva Bakunin !

Su una stele di sterco di ucelli,
A morte il papa Pacelli.
Su una stele di sterco di ucelli,
E noi vogliamo la libertà.

A morte il papa, viva Bakunin !
A morte il papa, viva Bakunin !

In un mare di nero petrolio
A morte il papa Bergoglio 
in un mare di nero petrolio
e noi vogliamo la libertà

Basterebbe anche un solo cerino
per accendere il papa argentino
basterebbe anche un solo cerino 
e noi vogliamo la libertà

Pétrole

Pétrole, nous brûlerons les églises,
À mort l’Etat bourgeois.
Et nous voulons la liberté.
A mort le pape et vive Bakounine !

Sur une tombe, une fiente d’oiseau
A mort le pape Pacelli.
A mort le pape et vive Bakounine !

Et une mer de pétrole
A mort le pape Bergoglio
Et nous voulons la liberté!

Une seule allumette suffirait
pour enflammer le pape argentin
Et nous voulons la liberté!

Eugenio Maria Guiseppe Giovanni Pacelli, alias Pie XII, pape entre 1939 et 1958, fut un grand dénonciateur du stalinisme (en réalité de la révolution sociale, assimilée à son inverse stalinien) et un très grand admirateur du nazisme. Cf. l’article suivant sur la célèbre « filière vaticane » :
La Croix Rouge et le Vatican « ont aidé à fuir des milliers de Nazis » — Aporrea (legrandsoir.info)
– La seconde, courte et efficace, Quando che muore un prete (Quand meurt un prêtre), anonyme du siècle 19, est une vigoureuse épitaphe à nos maîtres. Nous donnons ici une version, de 1973, tirée de chants satiriques anticléricaux, chantés par Leoncarlo Settimelli :

Cette version de la chanson omet (volontairement ?) deux vers finaux importants : « E la bandiera nera/Dei veri anarchisti. » (Et le drapeau noir/Des vrais anarchistes).
– La troisième, Bruceremo le chiese (Nous brûlerons les églises) a été chantée par plusieurs groupes qui ont tenu à reprendre cette antienne vigoureuse et claire. Nous les comprenons ! Ecoutons la version de Montelupo :

Cette chanson est anonyme, et date des alentours de 1900. Joe Fallisi (Voir Ballata dell’anarchico Pinelli, dans la rubrique Analyses) a ajouté, en 2014, un premier couplet intéressant : « A la gare de Monza/Un train est arrivé/On a tué le roi/Trois balles l’ont frappé. »
Ceci fait référence à l’attentat mortel contre le roi Umberto I, à Monza, le 29 juillet 1900, par l’anarchiste Gaetano Bresci.
Un camarade nous a écrit récemment:
« … à ma connaissance, il s’agit d’un collage de plusieurs morceaux de la tradition anticléricale toscane, composé par Leoncarlo Settimelli dans son disque du 1973 L’ammazzapreti. Voici sa version, qu’on peut considérer comme l' »originale » à laquelle ensuite tout le monde s’est inspirée »:
https://www.youtube.com/watch?v=CRvc3R44Pms
Plus d’infos sur le site antiwarsongs.org, source inépuisable pour tout amateur de chants de lutte :
Chansons Contre la Guerre – Alla stazion di Monza (antiwarsongs.org)

Les amoureux de la vie et ceux qui l’ont défendue, comme par exemple, les camarades en Italie, fin 19ème début 20ème siècle, et qui ‘ont chantée, apprécieront la passionnante émission de radio, Le chant des grenouilles:

Le chant des grenouilles I

 


Bruceremo le chiese

Bruceremo i palazzi e le regge
Bruceremo le chiese e gli altari
Con le budella dell’ultimo prete
Impiccheremo il Papa e il re.

Rivoluzione sia
Guerra alla società
Piuttosto che vivere così
Meglio morire per la libertà.

Il Vaticano brucerà
Il Vaticano brucerà
Il Vaticano brucerà
Con dentro il Papa

E se il governo si opporrà
E se il governo si opporrà
E se il governo si opporrà
Rivoluzione.

Rivoluzione sia
Guerra alla società
Piuttosto che vivere così
Meglio morire per la libertà.

Sono stato sul Monte Amiata
Dove è morto Lazzaretti
Anche lui era socialisto
E morì per la libertà.

Prete, prete
Tu mi farai morire
Prete, prete
Tu mi farai morir
Mi farai morir.

Nous brûlerons les églises

Nous brûlerons les palais et les tiendrons
Nous brûlerons les églises et les autels.
Avec les tripes du dernier prêtre
Nous pendrons le pape et le roi.

C’est la révolution
Guerre à la société
Plutôt que de vivre comme ça
Mieux vaut mourir pour la liberté.

Le Vatican va brûler
Le Vatican va brûler
Le Vatican va brûler
Avec le Pape à l’intérieur
Et si le gouvernement s’y oppose
Et si le gouvernement s’y oppose
Et si le gouvernement s’y oppose
Révolution.

C’est la révolution
Guerre à la société
Plutôt que de vivre comme ça
Mieux vaut mourir pour la liberté.

Je suis allé au Mont Amiata
Où Lazzaretti est mort
Lui aussi était socialiste
Et il est mort pour la liberté.

Prêtre, prêtre
Tu vas me faire mourir
Prêtre, prêtre
Tu vas me faire mourir
Tu vas me tuer.

Référence à David Lazzaretti, « prophète social » qui dans la seconde moitié du XIXème siècle prêcha la révolution dans la région du Monte Amiata, en Toscane. Il fut tué par les carabiniers en 1878.


Quando che muore un prete

Quando che muore un fre
suonano le campane
piangono le puttane
ch’è morto un avventor

Quando che more un papa
suonano il miserere
ma io c’ho un gran piacere
che è morto il puttanier

Quando che moio io
non voglio gesù cristi
ma la bandiera rossa
dei veri socialisti.

Quand meurt un frère
Les cloches sonnent
Les prostitués pleurent
Un client

Quand un pape meurt
On a droit au miserere
Mais quelle joie de perdre
Une telle saloperie

Quand je mourrai
Je ne veux pas de Jésus Christ
Mais le drapeau rouge
Des vrais socialistes

Et le drapeau noir
Des vrais anarchistes.


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