Beau comme une église qui brûle !


Nous ne faisons pas de différence entre religion et église, celle-ci étant la matérialisation de celle-là. Comme le disait Marx : « La critique de la religion est la condition première de toute critique. »

Des divers courants chrétiens un tantinet critiques de l’église catholique, la théologie de la libération, dans les années 1960-70, en Amérique du sud, est restée célèbre. Mais elle n’a jamais quitté le giron religieux, avec dieu, bible, dignité dans la pauvreté, travail, etc. Nous ne sachons pas qu’il y ait eu passage du côté de la révolution… au contraire, n’a-t-elle pas fait œuvre de tampon social ?

Il y a toujours eu des croyants qui ont exprimé dans leur pratique une certaine contradiction avec leurs ordres. Les pacifistes de l’entre-deux guerres, les Dominicains, en 1968, les prêtres qui se sont rangés du côté des luttes en Pologne, en Amérique du sud, etc., et qu’ils ont payé de leur vie parfois, de leur sécurité souvent.

Bref, nous posons comme préalable que toutes les religions, juive, musulmane, chrétienne, etc., ainsi que leurs consœurs spiritualo-mystico-turlututu, sont contre l’humanité, portent un projet terrestre bien précis de soumission au monde de l’argent, du labeur, de l’ordre établi.

La phrase, dieu n’existe pas, il faut le détruire, signifie que la croyance religieuse est une force matérielle prodigieuse, qu’il reste à détruire… qui trouve un écho dans la compréhension bourgeoise de l’art de soumettre, avec ce fameux adage, si dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer !

Nous aimons bien l’interrogation d’Alain Souchon, en 2005, Et si en plus y’a personne :

« Tant d’antidouleurs/dans ces jolis cantiques. »

Vous pensez bien que les bourgeois ne vont pas se priver d’utiliser l’opium du peuple !

Même si, depuis un siècle, la religion marxiste-léniniste tend à supplanter les diverses croyances, celles-ci restent une plaie pour l’humanité. Au risque de lasser, nous répétons que toutes les religions bénissent les guerres, protègent les puissants et leurs privilèges, apprennent la soumission aux exploités.

Ceci dit, la religion athéiste ne déroge pas à notre condamnation.

Il y a un puissant courant antireligieux de façade, et pas uniquement celui des francs-macs, qui rejoint en fait un programme où il est toujours question de travailler honnêtement, de voter, de glorifier une certaine république, un capitalisme à visage profane, quoi !

Une chanson exprime cette politique, qui verra, en France, un aboutissement en 1905, avec la séparation des Eglises et de l’Etat, c’est La Marseillaise anticléricale, écrite en 1881, par Léo Taxil, dont le ton volontiers outrancier ne maquille pas, hélas, l’appel à la soumission électorale.

Beaucoup de chanteurs ont dénoncé les religions. Visitons-en quelques-uns.

Le malicieux Brassens a beaucoup développé le thème, témoins Le Mécréant, La Prière, La religieuse, Mélanie, Tempête dans un bénitier, etc., ainsi que Jacques Brel avec Les Bigotes, Le Bon dieu, etc.

Pierre Perret, en 1998, avec Au nom de dieu, renvoie dos à dos les diverses superstitions :

De nombreuses chansons dénoncent l’hypocrisie religieuse, ainsi que la répression millénaire de nos corps, de la sexualité, de la joie, de l’amour, de la vie. On ne crachera jamais assez sur l’obscurantisme judéo-chrétien !

C’est pourquoi dans toutes les vagues de lutte, cet aspect est mis en avant.

En vrac, ont enrichi le thème, de façon provocatrice, ironique, humoristique ou autre :

Lise Médini, en 1969, avec Le pape est blanc. Le catholicisme, en Afrique, est une puissante force de soumission, encore actuellement. Oui, le pape est blanc et correspond à la puissance militaire, idéologique et financière occidentale. Taper « filière vaticane » si intéressés par un petit exemple!

Didier Super, en 2004, avec Le club des catholiques, torpille la pédophilie endémique des curés.

Les Raggamins, en 1995, avec Un balais dans le cul, développent l’art de l’irrévérence !

– Les Fatals Picards, en 2006, avec Nathalie, mon amour des jmj, développent, eux, l’art de l’ironie !

Les Nonnes Troppo, en 1988, avec Notre sœur, avait montré la voie.

Jean Yanne, en pleine guerre du Vietnam, en 1972, y va de son couplet insolent, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Frédéric Fromet, en 2020, a un scoop, d’un goût douteux, Jésus est pédé !

– Arrêtons-nous un instant avec Agnès Bihl, qui, en 2001, chante L’enceinte vierge :

La même année, sortait l’excellent film The Magdalenes Sisters, qui met en lumière, encore une fois, la rédemption des pécheresses par l’esclavage salarié.

Souvenons-nous du scandale des 800 squelettes de bébés, découverts dans un couvent en Irlande, en 2014… ce que la chanteuse Sinéad O’Connor a critiqué en son temps.

Toutes ces chansons contribuent à dénoncer la religion comme étant un pilier de l’Etat capitaliste, au même titre que le nationalisme, la politique, le syndicalisme, l’armée, la police, etc.

Il faut comprendre « religion » dans son sens réel, dépassant l’église proprement dite. La croyance en la science, en la médecine, est de nature complètement religieuse. L’expression « c’est scientifique » agit comme un oracle, une bénédiction, une fatalité… un ordre. Ne parle-t-on pas de « l’ordre des médecins » !

Les oraisons de l’OMS sonnent comme des diktats et dictent la conduite irrationnelle à observer, dans le monde entier : au dieu argent te soumettras, obéiras toute ta vie, et te feras vacciner, le masque mettras, beaucoup de médicaments prendras, etc.

Rappelons que les dites guerres de religion répondaient en fait aux seuls intérêts sonnants et trébuchants de leurs fomenteurs.

Une chanson transmet, depuis plus de deux siècles, le vivifiant message des Enragés de ‘89, c’est La Chanson du Père Duchesne. Ecrite en 1792, elle est depuis chantée avec entrain par tous les révolutionnaires. Ravachol, montant à l’échafaud, en 1892, la chante… jusqu’à l’avant-dernier couplet !

Ecoutons la version des Quatre Barbus, en 1969 :

La Canaille, en 2008, avec Ni dieu, ni maître, met dans le même panier toutes les religions et proclame : « La religion n’est autre que l’œuvre de l’Homme/Un instrument des riches pour asservir le peuple en somme. »

Ceci rejoint l’argumentaire du curé Meslier, dont le sulfureux Testament est un réquisitoire qui, datant du XVIIIème siècle, demeure incroyablement actuel.

Voir dans la rubrique Analyses, Lo que puede el dinero.

Trust, en 2000, propose aussi un Ni dieu, ni maître.

Jacques Debronckart, en 1967, chante La religion.

Alain Leprest, en 1987, avec Je ne te salue pas, remet les pendules à l’heure : « Coupeur de bites en deux/P.D.G. des nuages/Vendeur de faux voyages/Dealer de poudre aux yeux/Metteur de filles en cage. »

Les drôles de beaux gars, en 1993, regrettent que l’Audience à la messe baisse !

Barbara, en 1970, chante la joie des corps dans Hop là : « Ensemble nous monterons au paradis ! »

Véronique Samson, en 2016, dénonce la peur et les coups distribués aux enfants, avec Dignes, dingues donc : « Fais pas ci, fais pas ça/L’enfer te mangera/Dis pas ci, dis pas ça/Tapette sur les doigts. »

Sur la notion d’enfer et de paradis, beaucoup de stars ont proposé une définition : Léo Ferré, avec Thank you, Satan ; Michel Polnareff, avec On ira tous au paradis… et Imagine de John Lennon.

Anne Sylvestre, en 1986, nous explique qu’évidemment c’est La faute à Eve.

Vaya Con Dios, en 2009, nous propose Comme on est venu :

Le contenu de certains chants ne vole pas bien haut, certes, mais tous ont leur place comme témoins de notre haine, parfois exprimée maladroitement, de l’ordre, l’obéissance et la discipline (à l’école, au travail, dans la chambre à coucher, etc.) que les religions nous imposent.

Arrêtons-nous sur deux puissantes perles anticléricales, qui sentent bon le 19ème siècle irrévérencieux :

Béranger, en 1819, chante Les révérends pères, dans laquelle il dénonce le pouvoir temporel de l’obscurantisme, en particulier des Jésuites. Le refrain crache sur la maltraitance et le viol des enfants : « C’est nous qui fessons/Et qui refessons/Les jolis petits/Les jolis garçons. »

Eugène Pottier, lui, chante, en 1884, Leur bon dieu, lu ici par Yvon Jean :

Voir le texte ci-dessous.

Le rugueux chant anticlérical italien, Bevi, bevi, compagno, anonyme du 19ème siècle, nous propose une sorte de conclusion. Voir le texte ci-dessous.

Et Fabrizio de André, avec Il testamento di tito, ne lui donnera pas tort.

En guise de fin provisoire, un slogan de mai 68 : Comment peut-on penser librement à l’ombre d’une chapelle ?


Paroles

I
Dieu jaloux, sombre turlutaine,
Cauchemar d’enfants hébétés,
Il est temps, vieux croque-mitaine
De te dire tes vérités:
Le ciel, l’enfer, fables vieillottes,
Font sourire un libre penseur.
Bon Dieu des bigotes, tu ‘es qu’un farceur

II
Tu nous fais enseigner par Rome,
En face du disque vermeil,
Que Josué, foi d’astronome,
Un jour arrêta le soleil:
Ton monde, en 6 jours tu le bâcles,
O tout-puissant ignorantin;
Bon Dieu des miracles, tu n’es qu’un crétin

III
La guerre se fait par ton ordre,
On t’invoque dans les deux camps;
Comme à deux chiens prêts à se mordre,
Tu fais Ksss-Ksss à ces brigands:
Les tueurs en chef, tu les sacres!
Tu les saoules de ta fureur:
Bon Dieu des massacres, tu n’es qu’un sabreur

IV
On connaît tes capucinades,
Et l’on te voit, mon bel ami,
Te pourlécher des dragonnades,
Humer la Saint-Barthélemy:
Bûchers flambants font tes délices;
Tu fournis la torche à Rodin:
Bon Dieu des supplices, tu n’es qu’un gredin

V
Macaire t’a graissé la patte;
Larrons en foire sont d’accord;
Saint Pierre tire la savate,
Sitôt qu’on s’attaque au veau d’or.
Des complices de bas-empires
C’est bien toi le plus grippe-sous;
Bon Dieu des vampires, tu n’es qu’un filou.


Bevi, bevi compagno

Sennò t’ammazzerò « Nun m’ammazza compagno Che adesso beverò » Mentre il compagno beve La canteremo, la canteremo Mentre il compagno beve La cantaremo larillerà

La la la la La canzone che ammazza li preti La la la la ‘mazza monache, preti e fra’!

Se viene l’anarchia Un bel pranzo s’ha da fa Tutto vitella e manzo Se duimo da magnà (x 2)

E fritarelle di monache Preti e frati spezzati L’ossa de ‘sti maiali Ai cani s’ha da dà (x 2)

E le chiese son botteghe Li preti son mercanti Vendono madonne e santi E a noi ce credono vecchi poveri e ignoranti Vecchi poveri e ignoranti (x 2)

La la la la La canzone che ammazza li preti La la la la ‘mazza monache, preti e fra’!

Bois, bois, camarade

Sinon je te tuerai ! « Ne me tue pas, camarade Car à présent je vais boire » Pendant que le camarade boit Nous la chanterons nous la chanterons Pendant que le camarade boit Nous la chanterons, larillera

La la la la La chanson qui tue les prêtres La la la la Tue les nonnes les prêtres et les frères

Arrive l’anarchie Un beau repas va avoir lieu Veau et bœuf à volonté Nous avons à manger (x 2)

Une fricassée de nonnes Prêtres et frères en ragoût L’os de ces porcs Ira aux chiens (x 2)

Les églises sont échoppes Les prêtres sont marchands Ils vendent des madones et des saints Ils nous croient vieux, pauvres et ignorants Vieux, pauvres et ignorants (x2)

La la la la La chanson qui tue les prêtres La la la la Tue les nonnes les prêtres et les frères

 


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