La main gauche


 

L’auteure de cette chanson, Danielle Messia, meurt à 28 ans d’une leucémie, en 1985. Attention, fragile !

Trois ans auparavant elle écrit et chante La main gauche, ce superbe hymne à tous ceux qui sont confrontés à des injustices, à ceux qui s’affrontent à leurs détresses pour n’en être pas prisonniers, pour avancer : « Tiens voilà, c’est ma détresse/Tiens voilà, c’est ma vérité/Je n’ai jamais eu d’adresse/Rien qu’une fausse identité. »

Jusque dans les années ’70, les gauchers étaient contrariés, l’Educastrons Nationale les forçant à écrire de la main droite, ces foutus maladroits ! Bien souvent ces enfants ont été humiliés devant la classe ou bien malmenés, main gauche attachée…

Mais dans le monde, c’est encore loin d’être gagné. Combien d’enfants, et d’adultes, font-ils l’expérience de la solitude, du rejet, de moqueries, d’ostracisme uniquement parce qu’ils sont gauchers !

Un exemple ici :

Danielle Messia nous a fait là une chanson extraordinaire par sa dimension universelle. Remarquablement construite, pour la « saisir » il faut ouvrir son cœur (à gauche de la poitrine !), pas d’autres moyens.

Cette société ne cherche pas à comprendre les humains, dont les enfants, il les modèle et les soumet. Alors, parfois ceux-ci se réfugient dans la poche, dans le noir : « Je la mettais dans ma poche/Et là elle broyait du noir/Elle jouait avec les croches/Et s’inventait des histoires. »
Comment comprendre ce quatrain suivant, sinon comme un crachat à ce monde guerrier, mais avec toute la délicatesse féminine, au risque de choquer les dogmatiques féministes et les politiciennes : « Je t’écris de la main bête/Qui n’a pas le poing serré/Pour la guerre, elle n’est pas prête/Pour le pouvoir, n’est pas douée. »

Cette chanson est un cadeau que nous as fait Danielle Messia, et nous aimons écouter toutes ces chanteuses et ces chanteurs qui se sont essayés à l’interpréter, Mama Béa (a capella !), Catherine Ribeiro, Soham, Edgar Ravahatra, Héloïse Yelle, Louis Capart, Luce Dufault, Marie Lamontagne et tous les autres.

Retrouvons, redécouvrons nos vies dans la marge, la vie buissonnière, par les chemins de traverses, et n’ayant pas peur de la voie étroite de la révolution, de l’amour ! Envoyons balader le droit chemin que les peureux vont nous conseiller ou nous obliger à suivre.

Et puis, des gauchers célèbres, Jimi Hendrix, Lionel Messi, Beethoven… sont là pour nous dire : confiance, les amis ! Mais on peut être gaucher et cruel, Obama et Bill Gates par exemple.

Chantons tous cette chanson, sans avoir peur de nos maladresses, sans réprimer nos « fausses » notes et battons-nous pour une vie « où l’on se donnera la main. »


Paroles

Je t’écris de la main gauche
Celle qui n’a jamais parlé
Elle hésite, elle est si gauche
Que je l’ai toujours cachée

Je la mettais dans ma poche
Et là elle broyait du noir
Elle jouait avec les croches
Et s’inventait des histoires

Je t’écris de la main gauche
Celle qui n’a jamais compté
C’est celle qui faisait les fautes
Du moins, on l’a raconté

Je m’efforçais de la perdre
Pour trouver le droit chemin
Une vie sans grand mystère
Où l’on se donnera la main

Des mots dans la marge étroite
Tous tremblants qui font des dessins
Je me sens si maladroite
Mais pourtant, je me sens bien

Tiens voilà, c’est ma détresse
Tiens voilà, c’est ma vérité
Je n’ai jamais eu d’adresse
Rien qu’une fausse identité

Je t’écris de la main bête
Qui n’a pas le poing serré
Pour la guerre, elle n’est pas prête
Pour le pouvoir, n’est pas douée

Voilà que je la découvre
Comme un trésor oublié
Une vue que je recouvre
Pour les sentiers égarés

On prend tous la ligne droite
C’est plus court, oh oui, c’est plus court
On n’voit pas qu’elle est étroite
Il n’y a plus d’place pour l’amour

Je voulais dire que je t’aime
Sans espoir et sans regrets
Je voulais dire que je t’aime
T’aime, parce que ça semble vrai

 


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