Y en a qui


Avec Y en a qui, écrit en 2003, Yves Jamait parle de lutte de classe. Tout simplement. Durant toute la chanson, nous sommes du côté des exploités, des humiliés, des petits, des bafoués, des… prolétaires. Cette réalité que les Gilets jaunes (de partout) vivent toute la vie et qu’ils ont décidés de dénoncer, Yves Jamait n’a pas peur de la mettre en avant. Les post-modernistes n’aimeront pas cette chanson, pour qui, parler de capitalisme, de lutte de classe, d’exploitation, c’est has been, dépassé, ça sent le 19ème siècle !

Bref, Yves Jamait et ses collègues enchaînés ne sont pas dupes, eux : « Y en a qui s’ront jamais dans la merde/Y en a qu’auront jamais d’problèmes/Et souvent ce sont ceux-là même/Qui nous dirigent et qui nous gouvernent. »

Très intéressante compréhension de la collusion entre politiques et industriels, ceux-ci dirigeant véritablement la société et dictant leurs volontés à ceux-là, leurs prétentieux valets !

Bernard Lavilliers, avec Les Barbares, en 1976, décrivait la même réalité, les nantis d’un côté, ceux qui tentent de survivre de l’autre : « Le fils du patron venait nous visiter/Au sortir du night club avec de jolies femmes. »

Non, le capitalisme n’est pas « naturel » ; non, enrichir son patron (« cette ordure » comme dit Jamait !) toute sa vie n’a rien de « normal ».

Ce passage « Peu importe puisque l’erreur/C’est qu’on est trop dans l’escalier » nous évoque deux choses : d’abord, la dite surpopulation mondiale est celle de ce système de merde… mais un capitalisme avec deux ou trois milliards de personnes, le rêve (le projet ?) de certaines « élites », resterait du capitalisme… ensuite, les profiteurs ne sont pas les chômeurs mais les patrons et leurs commensaux.

Bien plus que « chacun pour soi », nous vivons dans un monde « de tous contre tous » !

Yves Jamait, par sa dénonciation de cet état de fait, participe à un rejet, une prise de conscience des inégalités sociales.

Après avoir réécouté Y en a qui, on se fera plaisir et enchaînera avec Dimanche (caresse-moi).


Paroles

Le matin, quand je me réveille,
J’ai du mal à quitter Morphée
Pour aller justifier la paye
Que mon patron peut s’octroyer
Cà n’est pas vraiment que je tienne
A continuer de l’engraisser
Mais aussi petite soit la mienne (de paye)
J’en ai besoin pour bouffer
Je fais des trous dans ma ceinture
Un par jour pour mieux gérer
Le minimum que cette enflure
Se croit obligé d’me céder

Y en a qui s’ront jamais dans la merde
Y en a qu’auront jamais d’problèmes
Et ce sont souvent ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent

Je le croise devant l’usine
Dans sa belle BMW
Dans sa Porsche ou bien son Alpine
Suivant ce qu’il a motivé
Moi je gare mon vélo
Depuis qu’ils ont décidé
Afin de relancer l’marché d’l’auto
D’interdire aux poubelles de rouler
Il a les fringues toujours impec’
Les mains propres et jamais tachées
Moi, mes paluches, je bosse avec
Et mes neurones sont élimés

Y en a qui s’ront jamais dans la merde
Y en a qu’auront jamais d’problèmes
Et souvent ce sont ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent

Il a des potes en politique
Des plantes grasses à arroser
De celles qui jamais ne lui piqu’
Eront le coeur de son chéquier
Ils ont le cumul sympathique
De maire et de député
Ils ont la morale cathodique
Et le chômage suranné
Et peu importe l’ascenseur
Qu’ils aiment à se renvoyer
Peu importe puisque l’erreur
C’est qu’on est trop dans l’escalier

Y en a qui s’ront jamais dans la merde
Y en a qu’auront jamais d’problèmes
Et souvent ce sont ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent

Combien de temps encore, va-t-on se laisser faire
Combien de temps encore, sans rien faire…
Combien de temps encore, va-t-on se laisser faire
Combien de temps encore, sans rien faire…

 


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