Il Galeone


Belgrado Pedrini, plus qu’anti-fasciste, a surtout été anti-capitaliste. C’est du moins ce qu’on pourrait comprendre de la répression étatique contre ses activités militantes. Explication :

Pendant la période mussolinienne, Belgrado et ses camarades anarchistes, dans la région de Carrare, multiplie l’agitation révolutionnaire, internationaliste… ainsi que des expropriations, de l’auto-défense, etc.

L’Etat, estampillé fasciste, le fout en taule en 1937, 1938 et 1942.

Libéré par des militants anti-fascistes, il rejoint la résistance jusqu’en 1943, date de la capitulation de l’Italie.

La plupart des dits partisans rentreront dans le rang, à la fin de la guerre, limitant leur lutte à un certain nationalisme. Pas Belgrado et ses camarades qui continuent le combat contre l’oppression, sur le terrain social, qui ne connaît pas de frontières !

L’Etat, estampillé social-démocrate, le refout alors en taule, en mai 1945, pour son activité, mais aussi pour les faits survenus pendant la période précédente.

Il y a donc une continuité évidente entre les deux régimes, mais la peine prononcée contre Belgrado Pedrini par la social-démocratie est cent fois plus lourde que celle du fascisme : trente ans de prison, puis la perpétuité !

Belgrado Pedrini ne sera libéré qu’en 1974.

En prison il écrit un poème Schiavi (Esclaves), que Paola Nicolazzi a mis en musique et qui deviendra la chanson célère Il Galeone :

Libéré, il écrit un livre Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands… que Mutines séditions publie en 2001. A lire toute affaire cessante !

L’extrait suivant renvoie dos à dos toutes les forces bourgeoises… staliniennes y compris !

« C’est l’histoire d’un combattant qui ne dépose pas les armes à la libération du territoire national. C’est l’histoire d’un ex-partisan de 32 ans qui est arrêté en mai 1945 et condamné quatre ans plus tard à 30 ans de prison, accusé d’avoir tué un policier et d’expropriations au détriment d’industriels fascistes de Carrare, Milan et La Spezia. Délits de droit commun, car commis avant 1943, et par des anarchistes. Condamné, tout comme des centaines d’autres ex-partisans qui ne sont pas disposés à accepter les joies de la démocratie imposées par le Parti communiste et les partis bourgeois chrétiens ou réformistes. »

Parmi les diverses reprises, retenons celle, en français, de la chorale liégeoise, C’est des Canailles, en 2019 :


Paroles

Siamo la ciurma anemica
d’una galera infame
su cui ratta la morte
miete per lenta fame.

Mai orizzonti limpidi
schiude la nostra aurora
e sulla tolda squallida
urla la scolta ognora.

I nostri dì si involano
fra fetide carene
siam magri smunti schiavi
stretti in ferro catene.

Nessun nocchiero ardito,
sfida dei venti l’ira?
Pur sulla nave muda,
l’etere ognun sospira!

Sorge sul mar la luna
ruotan le stelle in cielo
ma sulle nostre luci
steso è un funereo velo.

Torme di schiavi adusti
chini a gemer sul remo
spezziam queste carene
o chini a remar morremo!

Cos’è gementi schiavi
questo remar remare?
Meglio morir tra’ i flutti
sul biancheggiar del mare.

Remiam finché la nave
si schianti sui frangenti
alte bandier rossonere
fra il sibilar dei venti!

E sia pietosa coltrice
l’onda spumosa e ria
ma sorga un dì sui martiri
il sol dell’anarchia.

Su schiavi allarmi allarmi!
L’onda gorgoglia e sale
tuoni baleni e fulmini
sul galeon fatale.

Su schiavi allarmi allarmi!
Pugnam col braccio forte!
Giuriam giuriam giustizia!
O libertà o morte!

Falci del messidoro,
spighe ondeggianti al vento!
Voi siate i nostri labari,
nell’epico cimento!

Giuriam giuriam giustizia!
O libertà o morte!

 

Nous sommes la chiourme anémique
D’une galère infâme
Sur laquelle rôde la mort
Qui lentement nous affame.

Jamais sur de limpides horizons,
Notre aurore ne s’entrouvre
Et sur le pont sordide
La sentinelle hurle toujours.

Nos jours s’envolent
Entre d’infectes carènes,
Nous voilà esclaves maigres et pâles,
Chargés de chaînes.

Sur la mer se lève la lune,
Dans le ciel roulent les étoiles
Mais sur nos propres lumières
Est étendu un voile funèbre

Hordes d’esclaves accablés
Courbés gémissant sur la rame
Brisons ces chaînes
Ou courbés nous mourrons

Pourquoi esclaves gémissants
Continuer à ramer et ramer ?
Plutôt mourir dans les flots
Sur la blanche écume de la mer.

Ramons jusqu’à ce que le navire
Se brise sur les écueils.
Hissons les drapeaux rouge et noir
Dans les sifflements aigus du vent.

Que l’onde écumante et funeste
Nous soit un lit compatissant.
Mais que se lève un jour sur les martyrs
Le soleil de l’anarchie!

Debout esclaves aux armes aux armes !
La vague gronde et monte,
Coups de tonnerre, éclairs et foudres
Sur la galère fatale.

Debout esclaves, aux armes, aux armes !
Combattons de toute la force de nos bras,
Jurons, jurons justice !
La liberté, ou la mort!


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